GAROROCK

                                                                 Marmande (47), du 28 au 31 juin 2019

Par Audrey Lavallade

Ils sont fort à Garorock, tous les ans, on se dit que cette fois, on est trop vieux, que le festival est devenu trop gros et qu’on est trop attachés à l’indépendance, et puis il y a un groupe dans la programmation, très éclectique, qui nous fait ressortir la tente et le duvet.

 

Aller à Garorock, c’est bien sûr un parcours du combattant. Les plus motivés prennent d’assaut le camping dès les premières heures de son ouverture, le jeudi, en courant s’il le faut. La densité de population est effrayante, les tentes sont à touche-touche, sous un soleil de plomb. Peut-être que si on avait 15-20 ans et que c’était nos premières vacances, on se laisserait tenter par le toboggan aquatique et les tournois de foot, de baby, de molky ou de pétanque. Mais on est vieux, alors on préfère le calme de la ville. Une fois le camping installé, il faut pénétrer dans le festival, ce n’est pas une mince affaire quand 150 000 festivaliers sont attendus dans le week-end. A l’intérieur, les queues pour mettre de l’argent sur son bracelet, se payer une bière ou manger sont monstrueuses, bref à Garorock il faut s’armer de patience, ou bénéficier du pass blackstage.  Mais ce sont pas moins de soixante groupes qui nous attendent sur ces quatre jours. Air du temps, l’esprit rock a laissé la place depuis quelques années à une programmation beaucoup plus rap et hip hop, avec un savant mélange de groupes francophones et internationaux.

BigFlo & Oli
BigFlo & Oli

Vendredi, - notre premier soir sur place, la veille Angèle et BigFlo et Oli ont tenu l’affiche - ce sont les bordelais des Hurlements d’Léo qui ouvrent le bal. Comme d’autres ils avaient été programmés l’année dernière, mais les concerts avaient été annulés en raison des orages. Dès 20h15, Ben Harper et the Innocent Criminels sont sur scène. Le set est composé de leurs grands succès d’antan, c’est un show mêlant énergie rock et émotion, servi par des musiciens d’exception. C’est un pari gagnant, nous avons tous quinze ans dans le public : ceux qui les revivent grâce à Please bleed et ceux qui les ont vraiment. C’est un peu le choc quand ensuite Columbine, du hip hop breton enchaine, à vrai dire, on file regarder le quart de finale, France/Etats-Unis. C’est ensuite le retour de Chris (tine and the Queen) pour un spectacle très visuel mariant danse et musique, pendant ce temps Thylacine fait monter la pression avec un set très électro sur la scène Deezer. Vald et Paul Kalkbrenner achèvent la soirée. 

Feu! Chatterton
Feu! Chatterton

Samedi, nous n’étions pas présents, mais Therapie Taxi, où une étonnante demande en mariage a eu lieu sur scène, Feu !  Chatterton et Lomepal ont ravi les fans francophones.

Dimanche, il reste encore des forces aux festivaliers. Si l’ambiance est très calme pour Beirut, qui a manqué un peu d’énergie malgré ses cuivres, le public vient en nombre pour la malienne Aya Nakamura et son titre Pookie, dont la qualité d’écriture laisse songeur. S’enchainent le rock  très propre d’Interpol, et les rappeurs Roméo Elvis qui mouille clairement le maillot et Macklemore,  avec un vrai show à l’américaine. Pas moins de 30 000 personnes se pressent sur le devant de la scène, mais tout se passe bien dans l’ensemble, malgré un nombre d’interventions record des secours, peut-être en raison de la canicule qui a sévi ce week end là et de la difficulté d’accéder à des points d’eau.

 

Ce qu’on craignait l’année passé a bien eu lieu, Garorock a bien été racheté par Vivendi en octobre dernier pour un montant non révélé. Mais comme Ludovic Larbodie, membre fondateur du festival est resté programmateur, le festival est resté presque à l’identique. De 145 000 festivaliers l’année passée, le nombre a grimpé à 160 000, record absolu. Il reste à savoir quand s’arrêtera la croissance. Et si on a attrapé la rougeole pendant le week-end !