Reno Bistan : de l'Italie à la politique décalée

Propos recueillis par Yves Le Pape

 

Tu chantes en français mais tu es aussi présent dans le monde musiques traditionnelles. Comment en-es tu arrivé à opérer ce croisement ?

J'ai commencé par écrire des chansons très jeune. Plus tardivement je me suis intéressé aux musiques traditionnelles et j'ai donc chanté, en parallèle à mon travail d'auteur-compositeur au sein du groupe Bistanclaque, des chansons traditionnelles françaises, italiennes et d'autres horizons dans plusieurs spectacles et notamment avec Isabelle Bazin. J'aime bien avoir un public attentif à mes propres chansons et j'aime aussi chanter des chansons traditionnelles avec le Bal à Bistan devant un public qui danse.

 

Qu'est-ce qui a motivé ton choix de t'installer en Italie? 

 J'aime beaucoup ce pays depuis très longtemps. Avec ma compagne, nous sommes allés vivre pendant un an à Gênes. Dans les années 70, 80 et 90 cette ville a accueilli ce qu'on appelle aujourd'hui l'école des auteurs-compositeurs génois. Le plus connu d'entre eux, Fabrizio de Andre, est le premier à avoir traduit et chanté Brassens en italien. Il y en a eu aussi plein d'autres comme Luigi Tenco connu en France pour sa liaison avec Dalida. Il y a même aujourd'hui à Gênes une maison dédiée à ces auteurs compositeurs, une sorte de petit musée.

 

Je suis revenu d'Italie avec un projet de spectacle autour de la chanson gênoise. Il y aura des chansons que j'ai écrites et qui évoquent Gênes, il y aura des poèmes d'auteurs gênois mis en musique et quelques chansons traduites de l'italien en français. Ce sera un spectacle très intimiste en chant'appart avec un petit buffet gênois que je préparerai moi-même. Parallèlement, je prépare un album de mes chansons en français pour l'hiver prochain.

 

Tu es à l'affiche du festival lyonnais de la Grande Côte en Solitaire, dans le cadre d'une soirée "Créer, c'est resister"  le 22 avril, une date qui n'est pas anodine ... 

Ca va se passer la veille du premier tour des élections présidentielles. Je prépare pour l'occasion un récital très axé sur la politique. Depuis que j'ai commencé à écrire des chansons je m'intéresse à la politique et à 9 ans, j'écrivais déjà des chansons qui évoquaient l'actualité. Mais je ne me considère pas vraiment comme un chanteur engagé dans le sens d'être le porte étendard d'une cause. J'essaye donc d'aborder l'actualité avec un regard décalé. J'ai fait par exemple une chanson humoristique en hommage à Lionel Jospin que le public peut facilement chanter en choeur. J'aime bien l'idée qu'on puisse la prendre à différents degrés. Elle sera bien sûr au programme de cette soirée du Festival de la Grande Côte en Solitaire.

 

 

La Grande Côte en Solitaire : le site du festival

 

 

Au programme notamment :

Didier Wampas le 19 avril à 17h30

 

Evelyne Gallet le 20 avril à 20h30

 

Géraud Bastard le 22 avril à 18h

 

Soirée « Créer c'est résister » avec Reno Bistan et Christian Olivier le 22 avril à 20h30